Usha, déesse de Pâques… et du Yoga…

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Publié le 14 avril 2017 par Marie Ghillebaert

Dans le royaume de Saxe, autour de l’équinoxe de Printemps – lorsque le Soleil prend précisément naissance à l’Est (« East », en anglais) – le culte de la déesse Eostre était célébré.

Eostre était la personnification sacrée du Renouveau incarné par le Printemps, ce doux réveil de la Nature après la longue hibernation de l’hiver.

C’est cette bien-nommée divinité Eostre (ou « Eastre ») qui transmit son nom à la fête de Pâques – « Easter » pour les anglo-saxons – qui, par la métaphore de la résurrection christique, représente la renaissance de l’Homme sous sa forme divine, sa nature véritable.

Voilà donc le sens de « ressusciter » dont l’étymologie latine « resuscitare » signifie « se réveiller », et aussi – il faut croire – « s’éveiller »…  (voir aussi l’article suivant : La naissance de Ganesh, de l’impur au Divin)

Symbole par excellence d’une fertilité exponentielle, le lièvre était l’emblème par lequel Eostre était représentée : celui qui donne naissance, celui qui est en vie et qui crée la Vie.

Cette image du lièvre comme figure allégorique de la « déesse-mère » se rencontre également dans les légendes celtiques et scandinaves.

Eostre, déesse du Printemps

On retrouve d’ailleurs Eostre sous d’autres noms dans d’autres cultures : la déesse germanique Ostara, la déesse romaine Aurora, la déesse grecque Eos, … et la déesse hindoue Usha…

Dans le Rig Veda, Usha est décrite comme fille de l’Aube et de l’Aurore, précédant la manifestation rayonnante de Surya (la divinité solaire).

C’est elle qui, dans la splendeur de sa délicate clarté, vient se substituer à l’obscurité de la Nuit et au sommeil de l’Hiver. (voir aussi l’article suivant : Holî, le Cœur de l’Inde au visage arc-en-ciel)

Par son ascension dans le Ciel, elle disperse les brumes de l’Est pour répandre l’Energie de Lumière et de Vitalité sur la Terre et sur les Hommes.

Dissipant ainsi les ténèbres, et par là-même les voiles de l’Ignorance, elle insuffle la Vie en toute créature et met le Monde en mouvement.

Usha, déesse de l’Aurore

Alors, Usha, déesse du Printemps, déesse de Pâques, déesse de la Renaissance… et donc finalement déesse du Yoga aussi…

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« Tasya hetuh-avidyâ », Yoga-Sutra II.24
L’ignorance, source de toutes les souffrances, est la cause de la confusion des Hommes au sujet de leur nature profonde.

« Tadabhâvât-samyogâbhâvo-hânam-taddrisheh kaivalyam », Yoga-Sutra II.25
La pratique entraîne la réduction progressive de l’ignorance jusqu’à ce que celle-ci disparaisse.
Et de cela résulte l’effacement puis l’élimination de la confusion Prakriti-Purusha (matière-conscience), source de souffrance profonde et de maladie spirituelle.
Ayant acquis une pensée claire et juste, le pratiquant atteint alors la guérison et la libération.

« Vivekakhyâtih-aviplavâ-hânopâyah », Yoga-Sutra II.26
C’est par la recherche consciente, constante et confiante de silence, d’écoute et de paix intérieurs que le pratiquant trouve la stabilité et entre dans le processus de discernement qui le mènera à cette guérison libératrice.
La paisible clairvoyance le fait alors entrer dans la conscience pure de son essence véritable, qui est de nature fondamentalement spirituelle.