Cours de Yoga Ashtanga à Perpignan. L’Ashtanga, Qu’est-ce?

| by | filed under div, Yoga, Yoga Ashtanga.

Les origines les particularités de l’Ashtanga yoga

L’Ashtanga yoga a été enseigné à l’origine à Mysore, en Inde, par le maître Sri Krishna Pattabhi Jois. Dès les années 60, l’Ashtanga yoga s’exporte dans les pays occidentaux, notamment aux États-Unis où il est pimpé sous la forme du Power yoga.

Quoi qu’il en soit, l’Ashtanga est une forme de yoga traditionnel et dynamique.

 

Le terme ashtanga vient du sanskrit asta, huit, et anga, membres ou parties. Ces huit membres évoquent les huit principes fondateurs (piliers) de l’Ashtanga : restriction de soi, observance, pratique physique, respiration, maîtrise des sens, concentration, méditation et réalisation de soi.

Pratique sportive et respiration sont au centre de l’Ashtanga, qui vise à synchroniser son souffle avec ses mouvements.

La particularité du yoga Ashtanga est qu’il consiste en une séquence fixe de postures, composée de six séries. La première série est la plus facile et la sixième la plus exigeante. Dans chaque série, les postures sont toujours les mêmes et on les enchaîne de manière fluide.

« Généralement, en Europe, on pratique la première série en cours guidé ou non guidé. Quant aux deuxièmes et troisièmes séries, elles sont accessibles aux élèves avancés, en pratique non guidée »

 

Les postures de l’Ashtanga yoga 

Traditionnellement, l’Ashtanga yoga se pratique de manière non guidée. Chacun va à son rythme, selon son niveau, sa forme physique et ses capacités. On parle de style « Mysore » (comme la ville d’Inde du Sud où il a été créé).

Evidemment quand on débute, on apprend l’enchainement des postures dans des cours guidés.

On commence toujours par des salutations au soleil pour échauffer le corps puis des postures debout pour travailler la stabilité, l’équilibre et la force. »

Les postures de la première série sont principalement des postures de yoga flexion avant, tandis que la deuxième série, par exemple, privilégie les flexions arrières.

 

  • Les séquences sont toujours les mêmes. Il se peut que le professeur vous indique une position alternative, mais qui vous indiquera la forme de la posture vers laquelle vous tendez. Traditionnellement si on n’est pas apte à rentrer dans une posture, notre séquence s’arrête à cette posture. On doit attendre que le corps se transforme pour accéder à cette posture avant de continuer la séquence plus loin. Pourquoi? Parce que l’ordre des postures dans la séquence est intelligent : chaque posture prépare celles qui suivent. Si vous « sautez » les postures qui vous enquiquinent, vous risquez de vous blesser parce que vous ne laissez pas le corps et le système nerveux intégrer les éléments nécessaires pour aborder des postures plus complexes qui suivent. Les postures ne se succèdent pas l’une après l’autre, elles sont liées les unes aux autres par des mini-séquences qu’on appelle le vinyasa.
  • C’est ce qui confère à cette pratique son aspect à la fois fluide et puissant. La transition entre les postures debout se fait le plus souvent par une grande enjambée ou un saut pour ramener ses jambes ensemble et joindre les mains en prière  (Anjali Mudra) quand on sort de la posture puis une grande enjambée ou un saut en écartant les jambes et les bras avant de se placer dans la posture suivante.
  • Les postures assises sont liées les unes aux autres comme suit : défaire la posture, se soulever jambes croisées et basculer vers l’avant, sauter vers l’arrière, Chaturanga dandasana (petite pompe), Urdhva Muka Svanasana (chien tête en haut), Adho Muka Svanasana (chien tête en bas), sauter vers l’avant, atterrir assis jambes croisées, déplier les jambes puis se placer dans la posture suivante.
  • L’apprentissage de la première série est courante dans les cours guidés. En général, l’apprentissage de la deuxième série (et a fortiori des séries suivantes) n’est approprié que dans le cadre d’une pratique traditionnelle. Mais vous ne serez certainement pas frustré parce que la première série propose à elle-seule plus d’une cinquantaine de postures!
  • Voici un poster représentant les asanas de la première série d’ashtanga 
  • La première série d’ashtanga a été élaborée pour détoxiner le corps, le renforcer et stabiliser le système nerveux. Il ne faut pas être surpris : on se réchauffe quand on pratique. Physiologiquement, la pratique de l’Ashtanga Vinyasa yoga constitue un travail cardio-vasculaire et a des effets tonifiants et structurants. Elle contribue à faire travailler le corps entier et nous fait donc prendre conscience de nos points forts et points faibles et nous permet de développer un meilleur équilibre physique (tonus, souplesse, mobilité articulaire, circulation sanguine, régulation hormonale, etc.). C’est aussi une pratique qui développe la conscience corporelle, la confiance en soi, et la stabilité émotionnelle.
  • Traditionnellement, on chante un mantra avant de commencer la séquence d’introduction (les salutations au soleil) puis après la relaxation méditative (posture de Svanasana). En Ashtanga, les mantras sont des textes en sanskrit qu’on récite pour formuler une intention (pour donner un sens à ce que l’on fait) et pour remercier les maîtres qui nous ont transmis la discipline.
  • La pratique posturale du Ashtanga yoga n’est qu’une facette de la pratique. Par la pratique posturale, on est amené à envisager les 7 autres piliers du yoga : les codes moraux (par exemple les principes de non-violence, l’honnêteté, le détachement), la purification (contentement et entretien du corps), le contrôle du souffle (exercices respiratoires pour apprendre à contrôler les turbulences mentales), le contrôle des sens (discipliner les sens pour ne pas se laisser distraire), la concentration (maintenir l’état mental stable  permis par le contrôle des sens pour focaliser son attention), la méditation (le contrôle des sens et l’état de concentration permettent d’accéder à la méditation) et enfin la contemplation (l’observation pure de ce qui est).

L’Ashtanga yoga, pour qui ? 

L’Ashtanga pour les débutants, c’est tout à fait possible. À chacun son rythme d’apprentissage des postures

L’Ashtanga yoga est accessible à tous, sportifs et non sportifs, souples ou pas (encore) souples ! C’est une pratique qui permet de développer la concentration, l’équilibre, la patience et la force (physique et mentale)

 

Qu’est-ce qu’un mantra?

« Mantra » est un mot sanskrit dont l’étymologie signifie : « outil de l’esprit ». Les mantras sont à l’origine des extraits de textes Hindous anciens (les Védas) et servent de support à la méditation. Un mantra se récite, c’est une formule sonore et rythmée fondée sur la répétition de sons.

L’utilisation des mantras est une tradition Indienne très répandue, qu’elle se fasse dans un contexte de rituel religieux ou dans un contexte banal du quotidien. Dans la vie de tous les jours, les Indiens peuvent faire appel aux mantras pour différentes raisons. il existe par exemple des mantras pour trouver le courage, pour assurer le succès dans les affaires, pour réussir ses examens, pour résoudre des litiges, pour trouver l’âme soeur, pour accéder au confort matériel, pour favoriser la naissance d’un enfant, pour affirmer sa personnalité, …

Nous sommes complètement étrangers  à cette coutume et c’est la raison pour laquelle ça peut nous paraitre bizarre au prime abord. Mais si on réfléchit à la nature du mantra – outil de l’esprit – on peut alors l’envisager comme une manière de formuler et de s’imprégner par la répétition d’une intention particulière. Une intention ou un objectif  personnel qui va nous permettre d’agir au quotidien dans le but d’un mieux-être ou d’une évolution à plus long terme. On peut établir un parallèle avec la méthode Coué, la pensée positive ou l’autosuggestion si on veut.

 

Pourquoi chante-ton le mantra en sanskrit?

Le sens du mantra n’est pas seulement contenu dans les mots mais aussi dans le sons. Les sonorités de la langue sanskrite constituent des vibrations spécifiques et ces vibrations sont considérées comme ayant un effet particulier sur la personne qui les prononce et sur son état d’esprit.

 

 Mantra d’introduction

Om

Vande Gurunam charanaravinde
Sandarshita svatmasukavabodhe
Nishreyase jangalikayamane
Samsara halahala mohashantyai

Abahu purushakaram
Shankhacakrsi dharinam
Sahasra sirasam svetam
Pranamami patanjalim

Om

 

Om
Les sons A-O-M. Le sens symbolique du Om est la réalisation de soi

Vande Gurunam charanaravinde
Je m’incline aux pieds du Gourou …

Dans la tradition Indienne, c’est très courant de commencer une allocution en remerciant la source de la sagesse qui nous est transmise. C’est faire preuve d’humilité mais aussi une manière de recevoir la bénédiction du Gourou et de manifester la confiance et la diligence avec laquelle nous abordons notre pratique.
Les « pieds du Gourou » sont un symbole de l’ancrage fort , de la gravité dans le sens du magnétisme fort de l’enseignement que l’on suit. L’hommage rendu s’adresse à la tradition d’enseignement comme aux individus qui nous ont guidés et plus globalement à notre pratique assidue du yoga (le sadhana).

Sandarsita Svatma Sukhava Bodhe
… qui révèle la joie de l’existence pure,

On nous rappelle ici le but ultime du yoga : réaliser (bodhe, celui qui sait) notre véritable essence (svatma : Soi).

Nih Sreyase Jangalikamane
… qui est le guérisseur

La pratique du yoga a le pouvoir de nous guérir du poison en nous : l’ignorance.

Samsara Halahala Mohasantyai
… grâce à qui nous amoindrissons l’effet du poison de l’ignorance qui tient notre esprit prisonnier d’une existence conditionnée.

Samsara fait référence à nos habitudes, à ces schémas répétitifs qui nous limitent dans notre pratique et dans nos vies. Le samsara a pour effet de nous bercer d’illusions néfastes (halahala). Dans la mythologie indienne, halahala est apparu à la surface des océans lorsque les dieux les ont remués – représentation symbolique des pratiques de purification des yogis. Les dieux impuissants ont vu tout ce halahala se déverser sur les plages et ne savaient pas quoi en faire. Shiva, le Gourou des Gourous est alors apparu et l’a bu sans l’avaler, sans l’accepter ni le rejeter. Le poison a coloré sa gorge en bleu et depuis lors Shiva est appelé « Nila cantu », celui qui a la gorge bleue.

Abahu Purusakaram
Je m’incline devant le sage Patanjali, l’une des incarnations d’Adisesa,

Ici nous rendons hommage à Patanjali, celui qui a retranscrit les enseignements du yoga dans les Yoga Sutras. Par cet hommage, nous manifestons notre reconnaissance au yoga comme enseignement spirituel et principe de transformation. Dans la mythologie Indienne, Patanjali est considéré comme l’une des incarnations du seigneur des serpents, Adisesa.

Sankhacakrasi Dharinam
Sahasra Sirasam Svetam
… qui a forme humaine jusqu’aux épaules, est tout blanc, avec 1000 têtes lumineuses, qui porte une épée, un disque, et une conque.

Cette description est une succession d’attributs de Patanjali. La couleur blanche (svetum) est symbole de pureté, les 1000 (sahasra) têtes lumineuses (sirasam) sont l’illustration de l’éveil de Patanjali, l’épée est le symbole de la discrimination, le disque (cakra) représente le temps infini et la conque, le son divin. L’illustration ci-après vous apportera des éclaircissements.

Pranamami Patanjalim
Je me prosterne devant lui.

Om

 

Le mantra de fin de pratique

Om

Swasthi-praja bhyah pari pala yantam
Nya-yena margena mahi-mahishaha
Go-bramanebhyaha-shubamastu-nityam
Lokaa-samastha sukhino-bhavantu

Om

Om shanti, shanti, shantihi

Moins crypté que le premier mantra, la traduction se suffira à elle-même:

Om

Que l’humanité se porte bien
Que les dirigeants du monde protègent avec justice
Que soient bénis ceux qui savent que la Terre est un endroit sacré
Que tous les êtres humains soient heureux et prospères.

Om paix, paix, paix

 

 

Cours de Yoga Ashtanga Vinyasa le mercredi 20h00  et le samedi (ateliers) le samedi à 11h à Perpignan